#6 – Bonne Année les chèvres !

Si l’occident s’est déjà remis des festivités sylvestres, l’orient accueille tout juste la nouvelle année. Jeudi dernier, le 17 février 2015, marquait le coup d’envoi de cette année lunaire placée sous le signe de la Chèvre de Bois. Depuis, Paris vibre en rouge et or après avoir accueilli un beau week-end de festivités. Alors faute de pouvoir être en Chine, j’ai entrepris un voyage de plusieurs centaines de mètres, direction Place de la République ! Petit aperçu haut en couleurs d’une atmosphère brumeuse et pétaradante de ce Nouvel An lunaire à Paris.

NOUVELLE ANNÉE LUNAIRE.

Communément appelé « Nouvel An chinois », il ne faut cependant pas oublier que ce premier jour de l’année lunaire est aussi célébré à Taïwan, Hong-Kong et Macao ainsi qu’au Vietnam, en Thaïlande, à Singapour et en Malaisie, en Corée du Sud, aux Philippines, en Indonésie et au Brunei.

Contrairement à notre calendrier solaire qui comporte 365 jours, le calendrier chinois se compose de douze moins lunaires et dure environ dix jours de moins. Il fut instauré en -104 par l’empereur Wudi de la dynastie des Han.

Également associé la Fête du Printemps, le Nouvel An lunaire symbolise le renouveau. L’idée est de délaisser derrière soi toutes les mauvaises ondes avec l’année qui s’achève pour repartir d’un bon pied avec celle qui débute !


DU CHEVAL AU SINGE, LA CHÈVRE.

Après le Serpent d’Eau en 2013 et le Cheval de Bois l’année dernière, la Chèvre revient dans le calendrier chinois douze ans après avoir été mise à l’honneur. Car en effet, chaque nouvelle année est associée à l’un des douze signes du zodiac chinois, qui se succèdent dans un ordre cyclique : rat, bœuf, tigre, lapin, dragon, serpent, cheval, chèvre, singe, coq, chien et cochon… signe lui-même associé à l’un des cinq éléments : métal, eau, bois, feu, terre.

Alors qu’en Occident, l’année du « Yang » pose quelques problèmes de traduction (« chèvre » (France), « mouton » (UK), « bélier » ou « bouc »), elle est majoritairement mal perçue par les Chinois. Selon la croyance populaire, il s’agirait d’une année propice à la malchance et à la mélancolie. Mais les astrologues chinois se veulent néanmoins rassurants : éthymologiquement « Yang » signifierait « bon auspice » ou « bienfait ».

Mais bon, après tout, il y a du bien et du moins bien au sein d’une et même année, n’est-ce pas ?


CÉLÉBRATIONS TRADITIONNELLES

Le rituel de passage à la nouvelle année s’échelonne sur plusieurs semaines;

– Le Petit Nouvel An. D’abord, pendant la semaine précédent le dernier jour du douzième mois, l’heure est au grand nettoyage de la maison ! On remercie le Dieu du Foyer avec des aliments généralement collants (on ne peut ainsi pas dire de mal quand on en a plein les dents !) et on accueille le nouveau par une autre effigie. C’est aussi le moment où on colle dans la cuisine des petits papiers rouges de voeux pour porter chance.

– Le Réveillon. Traditionnellement fêté chez les Aînés (paternels) de la famille, le réveillon propose une kyrielle de plats censés assurer la santé et la prospérité. C’est le poisson qui est à l’honneur, qui dans la langue chinoise est l’homophone de « surplus ». Il est donc de coutume d’en laisser un peu dans l’assiette (même si c’est bon !) pour s’attirer les bons auspices. Quant au dessert, « Le Gâteau de l’An », il est aussi l’homophone de « grandir » et est censé symboliser la croissance dans tous les domaines ! Les étrennes sont distribuées dans des enveloppes rouges et sont traditionnellement accompagnées de voeux ou paroles auspicieuses.

– La veillée. La coutume veut qu’on aille se coucher le plus tard possible, en faisant éclater toute la nuit des bouquets de pétards pour faire fuir le mauvais esprit. L’origine du mot « année » ferait référence au nom d’un monstre, Nian, qui venait rôder à l’orée des villages une fois par an, et qui contraignaient alors les habitants à veiller jusqu’au petit matin. Cette action de « montée la garde de l’année » serait aussi un gage de longévité.

– Le Premier Jour. Après un court repos, c’est l’heure de se rendre au temple ! On dit même que les premiers arrivés seraient aussi ceux qui auront le plus de chance dans l’année. Théoriquement, c’est le jour des visites (même si le téléphone se substitue de plus en plus aux déplacements) et c’est surtout l’occasion de renouveler sa garde-robe en abordant des habits neufs !

– Les jours suivants. La quinzaine qui suit est déjà beaucoup moins festive et les habitudes quotidiennes reprennent petit à petit. Le quinzième jour du premier mois marque ainsi la fin de la Fête du Printemps.


ET À PARIS ?

Cette fois-ci, les quelques gouttes de pluie parisiennes n’ont pas rimé avec la fête à la grenouille … mais plutôt la fête au(x) dragon(s) ! Couleurs, sourires, pétards mouillés et tambours battants; captures de l’instant.

Quelques portraits…

Défilé de dragons…

 

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