#5 – Valentin chocolatés

Aaahhh…. Fameuse date que celle du 14 février ! Adulée par les adeptes de la Saint-Valentin, détestée par les jaloux des Sans-Valentin, ou tout simplement ignorée des autres, le 14 février est non sans évoquer les dîners aux chandelles, les petits coeurs gourmands dans les assiettes, les bouquets de roses rouges et les échanges de cadeaux comme preuve d’amour. D’accord ou pas d’accord, peu importe, j’ai décidé de vous emmener à l’autre bout du monde ! Et si je vous disais qu’au Japon, l’amour s’exprime en chocolat(s)…? Avis aux gourmands, messieurs !

DES CHANDELLES FRANCAISES…

En France et en Europe, la Saint-Valentin puise d’abord ses origines dans la coutume païenne des Lupercales. Destinées à célébrer le dieu de la Fécondité Lupercus, les festivités commençaient par une course où les jeunes femmes se faisaient fouetter par des prêtres avec des lanières de peau de bouc fraîchement sacrifié*. Puis elles se prolongeaient par un jeu de cache-cache ou de tirage au sort visant à unir les jeunes célibataires du village, incités à se marier dans l’année*. (* Pratiques tout à fait charmantes, n’est-ce pas ?!)

Avec l’apogée de l’ère romaine et la répression des rites païens, elle est ensuite assimilée par l’église catholique romainequi sanctifie Valentin, le martyr, en Saint Patron des Amoureux(Bon, à priori, ils seraient plusieurs à revendiquer le titre; un prêtre romain, un évêque de Terni, un missionnaire de Rhétie; vous avez le choix !)

Mais la connotation amoureuse n’apparaît cependant que bien plus tard, au Moyen-Âge, où mythes et légendes commencent à naître autour du personnage de « Valentin ». (On raconte qu’un certain Valentin, condamné pour avoir continué d’unir en secret alors que le mariage avait été interdit, est tombé amoureux d’Augustine, la fille aveugle du geôlier. Il lui aurait rendu la vue juste avant de mourir en lui laissant un dernier mot signé « Ton Valentin »…)

Aujourd’hui, la Saint-Valentin fait le bonheur des enseignes publicitaires et des produits dérivés en tout genre… (et Mon Saint ! qu’ils ont coeur à s’appliquer pour ne plus nous donner d’excuses possibles de s’y soustraire !). Mais l’amour n’est-il pas de cette essence qui ne demande qu’à être traduite par un simple geste d’attention ou un simple mot d’affection … ?


… AUX CHOCOLATS JAPONAIS !

Mais délaissons un temps ce débat des pour ou contre ou anti Saint Valentin pour s’envoler vers le Japon…. où la tradition d’offrir des chocolats devrait ravir plus d’un gourmand !

La coutume veut en effet que les femmes japonaises offrent, tous les 14 février, des chocolats aux hommes qu’elles côtoient; que ce soit professionnellement, amicalement ou amoureusement parlant. Il existe donc une hierarchie de ces chocolats, renvoyant à une affection plus ou moins revendiquée de ces dames vers ces messieurs. Inversement, celui qui récoltera le plus de chocolats pourra jouir d’une certaine aura de popularité et de respectabilité au sein de la gente masculine.

Voici donc un aperçu de cette pyramide cacaotée :

Les chocolats de courtoisie. Il y a tout d’abord, les chō-giri choco, chocolats très bon marché, destinés aux hommes de leur entourage, envers qui elles ne portent que peu d’estime mais à qui elles se doivent d’offrir des chocolats par politesse ou obligation sociale (il s’agit notamment de leurs collègues de travail.). Et si l’on veut différencier son supérieur hiérarchique de son voisin de bureau, on peut opter pour les giri choco, un poil meilleur et un poil plus valorisant pour celui qui les reçoit !

Les chocolats d’affection et de gratitude. Les sewa choco sont ici considérés comme une marque d’affection ou d’amitié; que ce soit avec les tomo choco que les collègiennes et lycéennes offrent à leurs amies, ou avec les papa choco qui, comme leur nom l’indique, sont destinés à leur paternel.

Les chocolats d’amour. Et le meilleur pour la fin, bien sûr, avec les honmei choco ! Ces « chocolats du favori » ou « chocolat de la destinée » témoignent d’une grande valeur sentimentale, d’autant plus s’ils ont été faits main. L’occasion pour la jeune japonaise d’exprimer ses sentiments tout en gourmandise envers l’être aimé.

Mais qu’à cela ne tienne, messieurs, n’ayez pas les yeux plus gros que le ventre ! Si la jeune femme qui vous a offert des honmei choco ne vous a pas laissé de marbre chocolat, alors il est temps de lui témoigner votre tendresse en retour à l’occasion du Jour Blanc.

Célébré un mois plus tard le 14 mars, cette journée est l’occasion pour les hommes de répondre (ou non) à l’invitation par du chocolat blanc (gyaku choco) ou de la lingerie… Deux règles d’or cependant; que les présents soient blancs et que leur valeur soit au moins trois fois plus élevée que celle des honmei choco reçus. De quoi en dissuader quelques-uns… (Mais quand on n’aime, on ne compte pas, non ?)

Si la jeune fille reçoit un retour blanc de l’être aimé avant la fin de la journée, alors cela signifie que les sentiments sont partagés et réciproques. Mais après tout, qu’il s’agisse d’amour à double sens ou d’amour à sens unique, tout est finalement prétexte pour croquer dans le cacao !

Chocolat

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