Garry Winogrand (Jeu de Paume)

C’est au Jeu de Paume à Paris qu’est présentée la toute première rétrospective européenne du photographe américain Garry Winogrand (1928-1984). Véritable explorateur du quotidien, il appréhende les rues américaines de l’après-guerre avec réalisme, poésie et drôlerie. Dans ses clichés se côtoient hommes d’affaires, sportifs illustres, femmes anonymes, manifestants, ouvriers, animaux, etc. – autant de sujets qui rendent compte du spectacle permanent qu’est la ville.

Extrêmement prolifique, Garry Winogrand va photographier sans relâche, saisissant l’instant en cherchant à savoir « à quoi ressemblent les choses quand elles sont photographiées ». De New York à Los Angeles, il se fait chroniqueur de son époque, celle d’une Amérique oscillant entre doute et espoir, entre bouleversements et optimisme.

« Parfois, c’est comme si […] le monde entier était une scène pour laquelle j’ai acheté un billet […]. Un grand spectacle qui m’est destiné, comme si rien ne se produirait si je n’étais pas sur place avec mon appareil. »

L’exposition retrace le parcours du photographe à travers trois parties majeures, illustrées par de nombreux clichés inédits. Près d’un tiers des images présentées n’avait encore jamais été tiré, côtoyant nombre d’autres que le photographe avait développées mais jamais exposées ou publiées.

«  Du Bronx à Manhattant  » présente des photographies prises en majorité à New York, depuis ses débuts en 1950 jusqu’en 1971. La ville natale du photographe devient une grande scène populaire se jouxte toute une faune urbaine à la fois drôle et hétéroclyte : femmes, couples, chiens, clowns, bonnes soeurs, catastrophes de trottoirs, manifestants, matelas, boxeurs, hippies et starlettes…;

«  C’est l’Amérique que j’étudie  » rassemble des travaux réalisés à la même époque mais lors de voyages hors de New York. Ce qu’il veut, c’est conférer à l’ordinaire un mélange de nouveau et d’étrangeté, d’exubérance et de désespoir.

«  Splendeur et déclin  » porte sur la période de maturité depuis son départ de New York en 1971 jusqu’à sa mort en 1984 avec des images du Texas et de Californie du Sud, ainsi que de Chicago, de Washington, de Miami et d’ailleurs. La tonalité de son oeuvre se radicalise : l’exubérance et la jubilation qui la marquaient s’épuisent peu à peu.


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